Hasta Luego Compañeros… (Buena Vista)
Quand Wim Wenders partit à Cuba pour enregistrer un documentaire sur un vieux groupe de Salsa oublié et enfermé sur son île depuis l'avènement de Fidel Castro. Il ne se doutait pas que son film allait générer un enthousiasme si fort qu'il permettrait à des millions de gens d'entendre au travers des portes closes depuis 40 ans, un trésor musical jusque là réservé aux initiés et à la communauté qui l'a vu naître (Principalement Cuba, Miami et New York).
Lors de mon séjour à Portsmouth, par une belle nuit de juillet, il y'a déjà si longtemps. Je fus entraînée par des amis pour une sortie dans la nuit du "Solent". Je m'attendais à me retrouver dans un Pub à l'anglaise aux boiseries chaudes et aux pintes de bière fraîche. Et bien ma surprise fut grande de constater qu'un des pubs les plus branchée d'une petite ville de province du sud de l'Angleterre consacrait ses soirées d'été à dispenser des cours de danses latinos aux moins latins des peuples du Nord de l'Europe…
Ce fut s'en doute à ce moment que je me rendis compte de l'impact culturel qu'avait pu avoir le film consacré au "Buena Vista Social Club" de W.Wenders (sortit en 1999), sur la jeunesse de l'Europe entière. Par la même je fus bien obligée de constater que les a priori commerciaux sur le "jeunisme" à la mode avaient pris un sérieux coup de DCA. Puisque au milieu du déferlement Techno de musique de rave de "D'jeuns ". Ces mêmes jeunes venaient faire preuve d'un sacré éclectisme et d'une ouverture d'esprit inattendue, en sacrant Pop Star de l'année trois papys de 70 ans de moyenne d'age. Réjouissant non ?
Mais malheureusement si je consacre un peu de temps à ce fabuleux groupe, ça n'est que pour évoquer avec quelques jours de retard, une triste nouvelle : Celle de la disparition d'Ibrahim Ferrer l'un des derniers membres de l'ensemble mythique du "Buena Vista Social Club" qui avec Ruben Gonzalez et Compay Segundo (L'Homme aux cigares et au Panama) disparus tous les deux en 2003, avaient contribués à la réussite légendaire du film document de Wim Wenders.
Ibrahim Ferrer vient de s'éteindre ce samedi 6 août 2005 à Cuba, laissant sa casquette sur une chaise vide et sa fine moustache à la postérité.
Je ne vais pas écrire abondamment, même si j'en ai très envie, sur l'événement que constitue sa disparition ou sur la bio du fabuleux chanteur qu'il était. Car au milieu de la pléthore d'hommages et autres nécrologies disponibles sur le Web, mes mots seraient bien vains parmi cette éruption de louanges et ne pourraient pas exprimer la tristesse que cette nouvelle a fait naître au fond de moi. De toute façon je ne suis certainement pas la seule à avoir usé mes semelles sur les notes cristallines de l'introduction de "Chan Chan" ou sur la cadence du piano de "Que bueno Baila Usted", et beaucoup d'entre vous sont certainement aussi affectés que moi par la disparition d'Ibrahim Ferrer. Mais je tenais quand même à exprimer en quelques phrases les sentiments bleutés qui fréquentent mon esprit ces jours-ci.
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Voilà, ce sont ces petites blessures qui finissent par nous faire vieillir, par nous faire comprendre que même les plus grands talents que compte cette planète, ne sont pas plus immortels que les dictateurs à cigare. Et c'est à chaque fois un peu de nous et de ces magies d'un soir que l'on pourrait croire inoubliables qui s'estompent un peu plus avec les tristes disparitions ce ces messagers de l'art.
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Je ne remercierai jamais assez ma nièce d'avoir penser à me prendre un billet pour ce concert qui me fit découvrir un orchestre de légende sur la scène du Zénith de Toulouse avant que celui ci ne soit transformé en sculture abstraite par l'explosion d'AZF.
Car même si le "Buena Vista Social Club" est maintenant couché à jamais sur les pages jaunissantes des chroniques musicales au milieu des splendeurs du passé, même si la salle ou j'ai vibré aux sons de leurs accords n'existe plus* et même si l'écho de tout cela ne résonne plus que dans mon esprit.
Ce concert m'aura appris qu'on peut être heureux et danser jusqu'à la dernière seconde de sa vie. Et ce cadeau que le "Buena Vista" me fit ce soir là, je voudrais le partager avec mon Blog et vous peut être… En écoutant avec un petit pincement au cœur les voix et la musique d'Ibrahim, de Compay de Ruben et de tous les autres…
Titre interprété par Ruben Gonzalez et Compay Segundo
Chan Chan
Vaya con dios Ibrahim & hasta luego Compañeros ….
A.Bonnet-O'Gas
*(le Zénith a été entièrement reconstruit à l'identique. Ce qui n'a pas été le cas du Palais des Sports qui lui a été simplement rasé. Et je ne vous dis pas la tonne de souvenirs de concerts qui se sont envolés avec...)
Première édition 12 août 2005
Par Anne
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Publié dans : Radio Activity
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